Dossier de presse et photos

L'AFRANCE un film de Alain GOMIS
Sortie le 30 Janvier 2002
Léopard du meilleur premier film -Locarno 200
Sélection officielle Sundance 2002

Attachée de presse :
Chloé Lorenzi
9, Cité Paradis
75 010 Paris
email : chloe.lorenzi@freesbee.fr
 
 

Distribution :

Ciné classic

6, rue de l'Ecole de Médecine

75006 Paris

email : cineclassic@cineinde.com

 

 

Galerie de photos


synopsis

El Hadj est étudiant à Paris. Pour lui, rentrer au Sénégal pour participer au développement du pays est un devoir. Mais cet avenir est violemment remis en question par la réalité de sa vie en France.

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propos du réalisateur

L’Afrance, c’est cette contraction entre L’Afrique et La France, c’est ce territoire qui n’existe pas, ce monde mental mélange de souvenirs et d’espérances, ces bouts d’Afrique reconstitués en France. C’est ce tout et ce rien dans lequel vit El Hadj, le personnage principal, au début du film.
Ce trait d’union dans lequel le temps et l’espace n’existent pas. C’est un monde où tout est possible, où tout est rêvé, où le pays natal vit dans la mémoire et dans les projets, tuant le véritable présent, et dilatant les frontières.
L’Afrance, c’est ce monde où l’on ne vit que sur un pied, en transit, en planifiant sans cesse le Retour “ pour bientôt ”, “ dans cinq ans ”, ou “ après la retraite ”. Où l’on ne construit pas, on ne s’installe jamais, parce qu’on n'admet pas qu’on restera “ ici ”. Et on se réfugie dans cet ailleurs où on retournera un jour. Alors rien ne touche vraiment, tout est moins dur à vivre, tout est supportable, “ parce qu’on n’est pas chez nous ”. Il y a ce “ là-bas ”, ce souvenir figé, ce territoire qu’on ne retrouve jamais puisqu’il est lié à un temps, passé, puisque chacun a évolué dans des lieux et à travers des expériences différentes. Ce “ pays ” où on a peur d’être devenu étranger. Car être étranger chez les autres, soit ; mais être étranger chez soi…
L’Afrance, c’est aussi ce “ A ” privatif, parce que finalement ce n’est pas vraiment la France, mais aussi parce que c’est la France qu’on ne montre pas. Celle des étrangers, mais aussi celle qui se trouve dans les centres de rétention, comme à Paris, sous les pieds des milliers de touristes qui visitent tous les jours le quartier latin.

S’il me semblait important que la fiction aborde des lieux et des populations si peu représentés dans le pays où je suis né, ma volonté profonde était de faire un film sur un Homme. Je ne voulais pas faire un film sur un Noir au pays des Blancs, mais justement sur quelqu’un qui puisse dire : “ j’en ai marre d’être “ black ”, je suis sénégalais ”. J’étais fatigué de voir tous ces Africains dépeints quasi exclusivement dans une relation de demande de l’Occident, luttant pour entrer ou rester dans un pays occidental. Je voulais un personnage qui, lui, se batte pour rentrer, comme j’en voyais tant.
Pourtant ce n’est pas un film en réaction : El Hadj est un être humain pris dans le tourbillon de ses contradictions.
Il s’agit, sans être exhaustif, de toucher à une partie de la complexité de cette situation, qui lie politique, histoire, et sentiments. De faire passer ce personnage du statut de Héros, à celui d’homme de tous les jours, qui doit accepter, gérer, voire dépasser ses incapacités et ses multiples déterminismes. El Hadj est un étudiant sénégalais. Parti, comme beaucoup, chercher ailleurs le savoir à ramener dans son pays afin de bâtir des Etats capables de rivaliser avec les anciens dominateurs. Début du paradoxe de celui qui va apprendre chez ceux qui l’ont vaincu la façon de s’en libérer. “ Ce qu’ils vont apprendre vaut-il ce qu’ils vont oublier ? ” (C.H. Khane).


Mais l’exil est une mise à distance. Chez les autres, on est d’abord face à soi.

Qui sommes-nous, qu’est-ce qui, dans notre pensée, résistera à l’agression d’un autre monde ? Sans doute ce qui nous appartient vraiment. En même temps, cela signifie qu’il faut faire le deuil d’ambitions peut-être justes, mais qu’on n’incarne plus.
Comment admettre qu’on est devenu quelqu’un de différent quand on ne peut plus remplir la mission que l’on s’était fixé en étant cet “ homme nouveau ” ?
Comment faire le deuil de celui que l’on espérait être sans avoir l’impression de se trahir, et ne pas se mépriser ?
Comment ne pas se renier mais agir à sa juste dimension ? Non plus comme un héros, mais comme un Homme ?
Et lorsque la vision de sa propre lâcheté devient trop insupportable, alors s’entame une lutte entre soi et l’image de soi. Accepter de perdre toute sécurité, abattre les protections, et se laisser être ce qu’on est profondément. Mais nul ne sait ce qu’il va découvrir.
Pourtant ce n’est que lorsque l’homme est capable, sans amertume, sans s’apitoyer sur soi-même, d’abandonner un rêve qu’il a longtemps chéri, ou un privilège dont il a longtemps joui, qu’il est libéré – qu’il s’est libéré – et peut aspirer à des rêves plus élevés, à des privilèges plus grands. ” (James Baldwin)
C’est pourquoi cette histoire très ancrée dans une réalité me semblait rejoindre des préoccupations plus larges.
Moi je suis né en France, d’une mère française et d’un père sénégalais, ces interrogations ne m’étaient donc pas directement personnelles (du moins pas sous cette forme) bien que familières, mais son questionnement profond lui m’était intime. Car la véritable histoire du film est celle d’un homme confronté à ses convictions, confronté à lui-même, comme chacun, je crois, à un moment de sa vie.


El Hadj ne se connaît pas. En fait, comme beaucoup d’entre nous, il s’évite. Il slalome entre les événements qui pourraient le révéler.
Pouvons-nous savoir quels seront nos comportements aux échéances décisives, ou dans des situations extrêmes ? Quand tout à coup on doit se faire face, quand on ne maîtrise plus les événements et qu’on ne se maîtrise plus soi-même. Quand l’image qu’on a de soi s’éloigne, et qu’on peut la regarder, lointaine, comme un corps étranger.
Il nous est tous arrivé de nous protéger, pour ne pas trop altérer notre image, par peur de nous découvrir moins noble, moins grand. Pourtant nous savons bien qu’en ne s’affrontant pas, on se fuit, et que sans cet effort pénible, nous sommes condamnés à n’être que prisonniers.


Ce n’est pas un manifeste.
L’Afrance c’est un peu toutes ces questions, car il s’agissait d’ouvrir des questions et de ne surtout pas prétendre à des réponses. Car il s’agissait avant tout d’une envie de Cinéma, pas de politique, ni de sociologie, mais d’émotions.

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filmographie

Alain Gomis est né en France en 1972 d'un père sénégalais et d'une mère française. Après des études d'histoire de l'Art et une maîtrise d'études cinématographiques, Alain a été animateur d'ateliers vidéos pour la ville de Nanterre. Il a réalisé dans ce cardre de nombreux reportages consacrés aux jeunes issus de l'immigration.

L’AFRANCE
2001 – 90 mn – 35 mm
54ème Festival International du Film de Locarno
Léopard du meilleur premier film
Grand Prix Œcuménique
Prix Euro <26

16ème Festival International du Film Francophone de Namur
Bayard d’Or
Toronto, Hamburg, Londres 2001
Rencontres internationales de cinéma à Paris 2001
Sundance 2002
Rotterdam 2002


TOURBILLONS
1999 - 13’ - 35mm
Sélectionné aux festivals de Clermont-Ferrand, Villeurbanne, New York, Namur, Dublin, Rennes, FESPACO

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fiche artistique  

El Hadj

Djolof Mbengue

Myriam

Delphine Zingg

Khalid

Samir Guesmi

Demba

Théophile Moussa Sowié

Le père

Thierno Ndiaye Doss

Chérif

Bass Dhem

Oumar

Albert Mendy
 

fiche technique  

Production déléguée

Anne-Cécile Berthomeau & Edouard Mauriat

Image

Pierre Stoeber

1er assistant

Ivan Rousseau

Montage

Fabrice Rouaud

Montage son

Raphaël Sohier

Son

Erwan Kerzanet

Mixage

Fabrice Conesa Alcoléa

Scripte

Sophie Audier

Musique

Patrice Gomis

Adaptation & dialogues Alain Gomis, Pierre Schoeller, Marc Wels, Xavier Christiaens, Nathalie Stragier

avec la participation du Centre National de la Cinématographie (C.N.C.), du Fonds d’Action Sociale - FAS et de THECIF - Région Île de France

Nationalité : France • Durée : 1h30 • Format : 35mm, 1.66 • Son : DTS SR • n° de visa : 97934

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